L'histoire de L'Isle-sur-le-Doubs

D’abord, il faut situer géographiquement la position de L’Isle-sur-le-Doubs.

En effet ce bourg prit son nom de sa situation au milieu de la rivière du Doubs, divisée en deux bras qui l’entourent et forment une île d’environ 800 m de long sur 100 m de large. Ce sont les moines de l’abbaye de Lieu-Croissant (qui sera appelée plus tard Les Trois-Rois) qui donnèrent cette île en franc-alleu à Thiébaut I de Neufchâtel, puissante famille comtoise dont le château se trouvait à Neuchâtel-Urtières près de Pont de Roide.

Toute l’histoire de L’Isle du XIIème au XVIème siècle fut liée à la puissante Famille de Neufchâtel jusqu’à la mort Guillaume de Neufchâtel en 1505, dernier descendant mâle de la branche aînée et aux ducs de Bourgogne. Les seigneurs de Neufchâtel furent pratiquement tous enterrés à l’abbaye des Trois-Rois à Lieu-Croissant dont ils avaient la garde, sauf Thiébaut VIII et sa femme Agnès de Montfaucon-Montbéliard qui furent inhumés dans la chapelle de la Vraie-Croix à L’Isle sur le Doubs.

C’est à Thiébaut I de Neufchâtel (1210/1268) que l’on doit la formation de L’Isle en réunissant trois villages, Carnans (la Grande Rue), le bourg de L’Isle (la Velle) et Uxelles (le Magny), puis viendra se rajouter plus tard Fusnans (le Moulinot et la Poussoure). Ce fut ce seigneur qui fit construire les premières bases du château fort, les deux ponts et la chapelle surnommée de la Vraie-Croix (emplacement de l’église actuelle) pour y déposer les précieuses reliques qu’il avait ramené de Palestine ; en effet, il était parti en pèlerinage vers 1240 à 1244  avec de nombreux seigneurs comtois et avait ramené plusieurs morceaux assez considérables de la croix du Christ, dont deux morceaux qu’il enferma dans un reliquaire en argent et que les comtes d’Ortembourg embellirent en 1575.

Ce fut son petit-fils Thiébaut III qui termina ce château en entourant ce nouveau bourg de puissantes murailles qui comportaient trois portes d’accès : la première du côté de Médière s’appelait  ‘’Porte d’Alsace‘’ qui se trouvait vers le chemin qui monte au Gélot, la seconde se trouvait du côté d’Appenans, s’appelait ‘’Porte de Moulins‘’  et la troisième occupait la tête du pont du Magny à l’entrée du bourg de la Velle s’appelait ‘’Porte du Grand Pont‘’. Toutes ses portes étaient flanquées de deux énormes tours à pont levis. De ce fait, il affranchit tous les habitants de cette nouvelle bourgade en essayant d’en attirer d’autres principalement ceux de Fusnans ; toutes ces franchises furent confirmées en 1308 par Thiébaut IV.

L’Isle devint alors le chef-lieu d’une châtellenie composée primitivement de huit villages : Médières, Blussans, Pompierre, Soye, Fontaine, Uzelles, Rang et Mancenans. Le seigneur de Neufchâtel avait un capitaine pour la garde du château et un prévôt ou bailli pour l’administration civile et judiciaire.  Le 19 Juillet 1475, les guerres bourguignonnes contre la ligue héréditaire (Alsace, Suisse et Autriche) eurent des conséquences néfastes pour L’Isle ; le bourg et le château furent complètement détruits.

Le château ne fut reconstruit en partie après 1525 par les nouveaux seigneurs de l’Isle, les comtes d’Ortembourg.  En 1551, L’Isle comptait environ 450 habitants ; c’est vers cette époque que commença le premier registre conservé des naissances, les décès ne seront enregistrés qu’en 1678. En 1573, la peste ravagea tout le secteur de L’Isle ; en 1587, une autre calamité s’abattit sur la châtellenie de L’Isle, les guerres protestantes mirent à feu et à sang toute la région.  En 1622, Ferdinand de Longwy dit de Rye, arrière petit-fils de Fernande de Neufchâtel-Montaigu, archevêque de Besançon avait racheté les droits des comtes d’Ortembourg sur les fiefs de L’Isle et devint baron de L’Isle.

La guerre de 10 ans eut raison à nouveau de l’Isle, en effet l’armée française composée d’allemands, suédois, hongrois et autres mercenaires, commandée par le comte de Grancey, envahit les terres de L’Isle, détruisant le 2 Juillet 1637, le bourg, le château et l’église en saccageant les magnifiques tombeaux de Thiébaut VIII et de son fils Thiébaut IX à l’abbaye des Trois-Rois. L’Isle se relevait à peine de ses cendres, eut à subir de nouveau ces troupes qui revenaient du Haut-Doubs en la saccageant le 14 Mars 1642. La misère était telle que la population était réduite à 175 personnes en 1649.

Le 26 Juin 1651, une sentence du parlement ordonnait la vente des biens appartenant aux seigneurs de Neufchâtel. Ces biens furent rachetés Ferdinand François Just de Rye de la Palud, marquis de Varambon, baron de L’Isle. Celui-ci décéda, sa femme Marie Henriette de Cusance la vendit le 13 Novembre 1660 à Ferdinand Eléonore de Rye, comte de Poitiers. Celui-ci décéda, sa veuve Jeanne Philippine de Rye conserva le titre de Dame de L’Isle ; à sa mort son fils Ferdinand François de Rye lui succédera en 1692. Au moment où se préparait la première conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, les ruines accumulées par les guerres récentes dont L’Isle et les villages voisins avaient souffert, étaient loin d’être relevées. La deuxième conquête fut fatale à la Franche-Comté, conclu par le traité de Nimègue en 1678.

A la mort de Ferdinand François de Rye en 1705, son fils Ferdinand Joseph de Rye, comte de Poitiers lui succéda, celui-ci décéda en 1715 laissant sa femme enceinte d’une petite fille prénommée Elisabeth Philippine de Rye-Poitiers ; celle-ci épousa  en 1728 Guy Michel Durfort, Duc de Randan, maréchal de Lorges et commandant de la province de Franche-Comté devint le seigneur de L’Isle par son mariage. Ils eurent une fille prénommée Adélaïde Philippine Dame de Lorges qui fut mariée Jean Laurent de Durfort Civrac. Mais la révolution abolit tous les privilèges de la noblesse. Le château de L’Isle fut vendu pour bien public en cours d’année 1795 aux frères Bouchot.

Ils le démantelèrent et construisirent à la place des forges. Les fils de ceux-ci la vendirent en 1846 aux frères Japy de Beaucourt. Par une habile politique industrielle, les frères Japy fabriquaient vis et boulons, avaient donné une impulsion nouvelle à la ville de L’Isle ; en 1851, elle avait doublé en population.

En 2009, cette visserie a fermé définitivement après avoir changé de place et de nom.

 

Jean-Claude BIRQUY

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